Les Mondes Chimériques

Association de Jeu de Rôle de Mandres les Roses (94)
 
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 Par Crom, ma hache a soif

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Torei Enki
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MessageSujet: Par Crom, ma hache a soif   Ven 3 Avr 2009 - 16:44

PROLOGUE :

Les cavaliers avançaient doucement. Ils devaient sans cesse descendre de cheval pour déblayer la piste étroite pour la carriole. Et celle-ci devait faire de nombreuses manœuvres pour éviter les souches et troncs trop lourds pour les cavaliers.

- « Artatis, nous n’aurions pas du passer par là ! » souffla un jeune homme aux traits caractéristiques aquiloniens. Sa main étreignait nerveusement le pommeau de son épée large. « Les Pictes sont peut-être tranquilles en ce moment, mais ça ne dure jamais, tu le sais bien… »

- « Démétrius, tu es un idiot ! C’est justement parce que tout le monde pense comme toi que cette route est la plus sûre pour rejoindre Kordawa ! Qui viendrait nous chercher en territoire picte ! »

Artatis rit de bon cœur. Il n’était pas comme son ami. Il était plus grand et plus fin, la peau sombre, les yeux noirs et brillants. Il se disait shemites, mais il se chuchotait qu’il était en fait stygien. Démétrius se demandait encore pourquoi le noble Balthus avait engagé un type comme lui. Bah, de toute façon, il n’allait pas retourner le voir pour le lui demander. Pas après être parti avec son bien le plus précieux…

- « N’ais crainte et arrête de te comporter comme une femme ! » La voix du Stygien tira Démétrius de ses pensées. « Tu es un guerrier, non !? Et ces deux-là, ils sont bien guerriers, eux aussi !? Les Pictes ne sont que des sauvages incultes et stupides. Ils arriveront bien à les tenir à distance, va… » Il prit une outre pleine d’un bon vin du Poitain et s’enfila une large rasade. « Tu te comporte vraiment comme une femelle, Démétrius ! » Et il éclata de rire.

- « Tu peux rire, Artatis, mais je ne me sentirais à l’aise que quand je serais à Kordawa à brûler le bel argent de ce fichu marchand ! »

- « Oui, Démétrius, on le brûlera en vins et câtins ! Pour l’instant, mettons de la distance entre nous et notre très cher maître ! » Et il rit de nouveau en faisant une caricature de courbette.

Les deux complices de Démétrius, eux-mêmes anciens gardes chez Balthus, avaient enfin dégagé la voie. La carriole s’ébranla et cahota rudement sur les débris du tronc.

- « Doucement, par Bel ! Si vous voulez votre or, il faut que cela arrive en entier en Zingara !» râla Artatis. Le conducteur de la carriole lui répondit par un geste obscène. « Gault, fils de chienne puante, et tout gunderan que tu es, si tu brise quoi que ce soit, je te ferais bouffer tes tripes braisées ! »

- « Artatis, tais-toi !! » C’était Démétrius. « Et écoute… »

- « Il n’y a rien à entendre, Démétrius… » grogna l’intéressé.

- « Justement, il n’y a aucun bruit… »

Tous les hommes s’étaient figés, à l’écoute. Et effectivement, la forêt primitive était devenue silencieuse. Plus de chants d’oiseau. Plus de bruits dans les fougères ou les arbres. Plus de silhouettes de cerfs ou de sangliers entre-aperçues et qui avaient tant donné envie de chasse à Artatis. Même les arbres ne grinçaient plus. Juste un silence pesant et inquiétant.

- « Qu’est-ce que cela veut bien dire… » Démétrius tira son épée, doucement, en silence. Les autres firent de même.

- « Arrêtez vos enfantillages, idiots ! Il n’y a rien ! Voyez vous-mêmes ! » Artatis fit avancer son cheval sur la piste. « Vraiment, si j’avais su que je ferais le chemin avec tant de femelles, j’aurais mis mon meilleur parfum… ! » Il suivit du regard la piste qui s’enfonçait dans une des forêts les plus sauvages du continent. Il soupira. « Allez, venez, la nuit va tomber dans peu de temps et nous avons encore du chemin devant nous. » Il se tourna vers ses compagnons.

Il n’y eut qu'un hurlement. Un hurlement qui s’interrompit aussi brusquement qu'il avait commencé. La forêt retrouva alors un silence menaçant…

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Torei Enki
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MessageSujet: Re: Par Crom, ma hache a soif   Ven 3 Avr 2009 - 16:45

Arthag le Picte leva les yeux. Le songe venait de prendre fin. Enfin… Il devait maintenant en parler et vite.

A travers les lourdes volutes de fumée bleutée, chargées des miasmes du songe, il décida ce qui serait le mieux pour le clan. La bête était là, tapie dans ce qu’elle aimait le mieux : les ténèbres. Arthag était un Picte, un homme qui ne connaissait que la loi du plus fort, du plus rude et souvent du plus cruel. Aujourd’hui, des hommes devront mourir atrocement pour sauver le clan.

Malgré sa bouche pâteuse et engourdie par la drogue, il cria un nom plusieurs fois. Un jeune Picte entra alors dans la hutte de peaux et d’os du Shaman.

- « Norak, va dire à Norm que je veux le voir. »

Le jeune Picte ne discuta pas. On ne discute pas avec Arthag le Shaman. Surtout quand il a les yeux gonflés et devenus rouges par les fumées de Lotus. Et surtout quand son regard, malgré tout cela, reste clair et perçant.

En attendant le retour de celui qu’il avait convoqué, Arthag se remémora son songe. Il ne put que frissonner devant les horreurs que la drogue lui avait fait entrevoir. Et pourtant, il connaissait bien l’Extérieur, ces mondes sans âme où errent les fantômes des animaux, les grands esprits de la forêt et les âmes des Pictes morts sans sépulture, mais jamais il n’aurait pensé de sa vie qu’un être de ce monde puisse venir fouler les terres de sa forêt. Une colère froide le prit. Il ne pouvait tolérer cette « chose » dans sa forêt, tuant ses animaux et effrayant ses esprits ! Il en était à tisonner rageusement le feu où brûlait encore des résidus de Lotus d’or quand un homme massif entra sans cérémonie.

- « Tu veux me voir, Shaman !? »

C’était bien Norm, chef du clan, qui avait brisé, il y a peu, le crâne à son père pour le devenir et l’avait ensuite mangé pour prendre sa force et son courage. Et cela sous les bons auspices d’Arthag… Et malgré ce lien dans le meurtre rituel et le pouvoir, les deux hommes se détestaient.

- « Oui, Norm, je t’ai fait venir pour que tu partes en chasse et que… »

- « Partir en chasse !? Es-tu devenu fou, Arthag !? Tes drogues t’ont mangé la cervelle ? Ce n’est pas encore la saison pour la chasse et… »

- « Tais-toi, idiot ! » Les yeux du Shaman lançaient des flammes et le massif Norm ne put que pousser un grognement désapprobateur.

- « Tu vas partir en chasse, j’ai dit. Prends des hommes forts et habiles et tu iras traquer la « Bête » »

Norm leva les yeux et fixa le vieil homme. Oui, il y avait de la peur dans la voix du Shaman et maintenant, malgré le reste de fumée de Lotus, il sentait son odeur rance où se mêlaient de subtils effluves de peur. Norm sourit. Le vieil homme avait peur. Mais son cerveau lent fit aussi la remarque que ce qui pouvait faire peur à un être comme Arthag devait être vraiment terrifiant et son sourire se figea en un rictus inquiet.

- « Oui, Norm, j’ai peur. » reprit le Shaman. « Et ce que tu va traquer et tuer te fera peur aussi. »

Arthag se leva difficilement et en gémissant. Norm le regarda sans bouger. Chez les Pictes, si tu ne peux plus te lever, alors il ne te reste plus qu’à mourir. Et il y a souvent une bonne âme, pas loin, pour y aider.

Finalement debout, le vieil homme se dirigea vers un coin de sa hutte et entreprit de fouiller un tas d’immondices. Il poussa un petit cri de soulagement et se tourna vers Norm. Il avait entre les mains un long poignard d’acier, à la garde finement ouvragée où luisait une pierre rouge, transparente. Une lame d’acier… Le regard du chef picte se chargea de convoitise.

- « Oui, Norm, voilà l’arme que tu plongeras dans le cœur de ta proie. Et ensuite, tu brûleras le corps de la « Bête » »

Malgré sa fascination pour le poignard, Norm grogna avec humeur.

- « Je n’ai pas envie de partir… Gruk… Gruk veut ma place, tu le sais. Et il monte des chasseurs contre moi. Si je pars, il va vouloir prendre ma place. »

- « Emmènes-le avec toi. Et dis-toi bien qu’il n’est pas obligé de revenir. » Norm fixa les yeux du Shaman. « Cette chasse est dangereuse, Norm. Je vois que tu perdras des chasseurs. Au moins un… » Norm eut un sourire carnassier à l’allusion du vieillard. Il pouvait être lent, mais quand il s’agissait de tuer ses ennemis, le chef picte était soudainement très agile d’esprit.

Il prit le poignard d’acier avec dévotion et se leva d’un bond. Il faisait plus d’une tête en taille que le Shaman et bien autant de plus en largeur. Mais Norm savait que le vieil homme était infiniment plus dangereux qu’un serpent-qu’un-pas*.

- « Je vais chasser pour tuer ta bête, Arthag ! »

- « Assis-toi, idiot, tu ne sais même pas quoi chasser ! »

Penaud, Norm se rassit, serrant le poignard contre lui.

- « Norm, je vais te dire où chasser et quoi. » Le Shaman prit une pipe de bruyère et la fourra méticuleusement de feuille sèches bleutées. Puis, tout aussi méticuleusement, il approcha une braise et tira de longues bouffées pendant que les feuilles se consumaient. Norm se détendit : ce n’était que des feuilles de Malacoa, odorantes et au bon goût. Pas du Lotus.

- « Norm, écoutes-moi bien. Car en plus de la « Bête », tu auras aussi des « Gweilos** » à tuer. Ils la suivent. Mais parmis eux, il y en a un qui n’est pas ce qu’il prétend être et il faut qu’il meure, lui aussi. Et pendant que tu y es, tu me ramèneras le cœur des autres…» Le Shaman sourit. Il y aurait du cœur humain à manger d’ici peu…



* Le serpent-qu'un-pas est appelé ainsi car une fois mordu, c'est le nombre de pas que l'on fait avant de mourir.

** Gweilos : terme désigant les étrangers au peuple picte

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MessageSujet: Re: Par Crom, ma hache a soif   Ven 3 Avr 2009 - 16:47

Résumé des épisodes précédents :

Elusia, ville frontalière entre l’Aquilonie, le Zingara et les territoires pictes, a changé de maître. Le Compte Mirpoint a disparu avec toute sa famille lorsqu’il fut condamné à l’exil par le Roi Numèdidès. Le mystérieux Baron Balthus a pris le contrôle de la ville, amenant ses hommes et faisant ses lois. La ville souffre.
Mais voilà, même le loup peut perdre ses crocs et Balthus s’est fait voler son bien : le Miroir Noir. L’artefact issu de la magie stygienne, clé du pouvoir de Balthus, a été dérobé par des voleurs qui se sont enfuis par les territoires pictes. Hors de question d’ameuter la ville et surtout d’attirer l’attention sur ce forfait. Des « gens qui passaient par-là », suffisamment motivés (or, chantage, menaces ou… autres…?) feront l’affaire, encadrés par son fidèle âme damnée, Ashargin et menés par l’étrange Ajonga, sorcier (pas la peine de le cacher, n’est-ce pas…) au service de Balthus.
Voilà nos héros chevauchant dans la forêt primitive, au-delà du fleuve Tonnerre. Il découvre le miroir, fêlé. Et les corps des voleurs. Il semblerait bien que quelque chose soit sortie du miroir et est fait pitance des hommes. Il n’en manque qu’un. Un certain Artatis, stygien et chef des voleurs qui firent ce coup audacieux. D’après Ajonga, ce dernier sert maintenant de réceptacle à une créature Inférieure du nom d’Adumbrali. Créature d’ombre et terrible vampire avide de la force vitale des êtres vivants, il va semer la mort et la destruction s’il n’est pas conjuré ou détruit d’après Ajonga. La poursuite s’engage donc.
Pourtant, malgré le fait que nos « héros » soient à cheval, la créature semble impossible à rejoindre. De plus, les Pictes, que l’on avait jugé un peu rapidement inoffensifs, se réveillent et deux nouveaux rejoignent le groupe, fuyant une caravane purement et simplement massacrée par les sauvages. Mais malgré les risques, Ajonga ne lâche pas la piste, déterminé à détruire l’Adumbrali.
La rencontre se fait au détour d’un virage, sur une piste étroite et le combat s’engage contre une créature résistante et affreuse. Après un combat où fusa magie, coups et douleur, le corps du pauvre voleur est littéralement réduit en pièces. L’Adumbrali finit par sortir de ce corps démembré, ombre verte et maladive. Ajonga tente un ultime sortilège et… finit possédé par la créature. Avant que tout un chacun puisse réaliser ce qu’il se passe, il disparaît.

Prologue Episode trois :

Kordova. Capitale du Zingara. Sa ville haute, blanche sous le soleil, paisible et marchande. Sa ville basse, crasseuse et jouxtant les longs quais de son port. La ville basse n’est faite que d’entrepôts, de tavernes torves et, serrées contre les remparts intérieurs délimitant la ville haute, de nombreuses habitations où s’entassent les pauvres et les gueux chassés par les nombreuses guerres civiles qui ravagent régulièrement le Zingara.
En suivant ces ruelles tortueuses, en se faufilant à travers la foule compacte cherchant du travail sur les quais ou vendant quelques denrées à même la rue, en évitant la milice qui n’a d’habitude que dans la violence, le voyageur arrive alors sur les quais blancs du port de Kordova.
S’il y a une chose dont est fier le kordovien, c’est de son port. De longues jetées blanchies à la chaux où s’accumulent les ballots, coffres, tonneaux et biens venus de partout avant de rejoindre les entrepôts, puis les arrières-boutiques des marchands de la haute ville, de ces longues jetées, donc, partent des quais de bois pouvant accueillir plus de mille navires ! C’est du moins ce qu’un kordovien dira. En fait, si plus d’une centaine peuvent effectivement s’y entasser, c’est dans un véritable chaos de mats et de rames quasi inextricable. Cela n’empêche pas, évidemment, de faire de ce port l’un des plus fréquentés sur le continent thurien. De ce chaos naît la richesse de la blanche citée et du duc de Kordova, maître des lieux et puissant personnage au sein d’une noblesse zingarienne turbulente.
Et sur l’un de ces quais, bondés de marins quittant le bord ou y revenant, le pas incertain, d’hommes de peine chargeant et déchargeant les navires, d’officiels en tenues chamarrées contrôlant les cargaisons et enfin des commis des marchands récupérant les biens de leurs maîtres, sur l’un de ces quais, donc, tanguait doucement le Despetia.
Petite navire de commerce, peu remarquable, possédant sa traditionnelle voile carrée et ses 10 bans de rameurs, le Despetia semblait vouloir se faire discret. Et pour cause, il était recherché pour le plus affreux crime aux yeux des autorités portuaires : contrebande. Certes, son capitaine était aussi soupçonné de piraterie, mais ça, en Zingara, ce n’est pas un crime. Même que le capitaine qui refuserait une opportunité de pillage serait considéré comme le dernier des incompétents et débarqué immédiatement sur le premier îlot désert en vue.
Mais pour l’instant, le Despetia, enfin appelons-le comme ça pour l’instant, paressait sous le dur soleil de Kordova. Son équipage à terre, il n’y avait plus que deux passagers, réfugiés dans le château arrière, plus exactement dans la cabine du capitaine où les hublots, largement ouvert du côté du grand large, faisait entrer un air frais salutaire.
Il régnait un silence morose tout juste troublé par le clapotis contre la coque du navire, les grincements du bois qui jouait sous le soleil et les cris aigus des mouettes se chamaillant dans le ciel bleu cristal.
- « Petite, je ne dis pas ça pour te faire du chagrin, tu l’sais bien. J’te connais depuis qu’t’es petiote. Et j’en ai fait des bordés avec ton vieux. Et c’était une sacrée crapule, celui-là, j’t’apprends rien. Mais là, on fait quoi, là !? Ca fait deux mois qu’on pourrit sur ce maudit quai. Les hommes commencent à murmurer, Petite… Y disent qu’y faudrait prendre la mer et se faire une prise, histoire d’avoir un peu d’sous… On est raide, là ! Et… »
- « Et tu m’appels capitaine, Paloco. »
La jeune femme cessa de contempler le large et fusilla du regard son vis-à-vis. Elle était jeune et belle. Une de ces beautés argosiennes aux formes pleines, à la peau non pas grise comme ceux de sa nation, mais rendue d’or par le soleil de la mer. Ses grands yeux, noirs et expressifs, avaient le pouvoir d’envoûter tout homme suffisamment fou pour s’y plonger et son corps la souplesse que seule une tigresse noire des îles sauvages au large du continent noir pouvait revendiquer. Elle portait un ensemble de cuir brun qui mettait encore plus en valeur ses formes, une dague stygienne, richement décorée, reposait à portée de main et un long sabre de marine argosien pendait à sa ceinture. Et le dénommé Paloco savait que derrière cette jeune femme aguichante se cachait un démon du sabre. Pour sûr, de ce côté là, elle tenait de son père…
- « Ne me parle pas comme ça, Pétia… » soupira-t-il. « Je n’suis pas ton ennemi, tu l’sais bien. Simplement t’as un équipage maintenant ! Et ils ont l’droit de réclamer de… »
- « Me réclamer !? Ces chiens sont tout juste bon à faire avancer ce rafiot, Paloco. Quand ça chauffe, ils se mettent à geindre, la queue bien entre les jambe, si tu vois ce que je veux dire… Je n’ai pas tenu promesse, dis-moi !? N’a-t-on pas fait de belles prises en venant ici ? Et s’ils ne buvaient pas trop et ne passaient pas tout leur temps avec des putains, ils auraient encore de quoi manger ! Et ils ne vivraient pas sur mon dos comme des tiques de mer gonflées de mauvais turga* ! »
- « Oui, oui, t’as raison, Pétia. Y sont pas franchement malins, ni même vraiment à la hauteur… Mais bon, s’sont des marins, quoi !? Alors que là, avec ton fichu voleur de stygien et ce type qui l’emploi, bin… » Paloco se mordit les lèvres : les yeux de Pétia le clouaient maintenant sur place et sa main était posée sur la dague. Il recula légèrement. Il avait beau avoir bien deux têtes de plus que la jeune femme, il ne voulait pas finir l’entretien avec la joue sanglante. « Tu sais c’que j’veux dire, quoi… »
Pourtant, elle se contenta de s’appuyer lourdement sur la cloison du navire, fixant de nouveau l’horizon lointain.
- « Il me manque, Paloco… » Sa voix n’avait été qu’un souffle. Pas facile pour une fille ayant été élevée dans un monde d’hommes de faire ce genre de confidence. Mais Paloco était comme un deuxième père et lui l’avait toujours considérée comme sa fille. Enfin, l’une de ses nombreuses filles qu’il avait de part les nombreux ports qu’il fréquentait. Mais Paloco s’était toujours occupé de ses rejetons.
- « Je sais, petiote, je sais. Mais il reviendra, va, juste une question de temps… »
- « Cela fait maintenant deux mois, Palo’… Deux mois… »
- « Oui, deux mois et je commence à m’impatienter aussi, capitaine. »
Le nouvel arrivant avait ouvert la porte d’un coup, mais il devait être devant depuis un moment, épiant leur conversation. Sa voix de stentor avait fait sursauter les deux occupants de la cabine. Les yeux de Pétia devinrent noirs de colère.
- « Tout doux, mon Capitaine. Je ne suis pas un ennemi, mais votre employeur. » L’homme essaya un sourire charmeur et une pose avantageuse. Mais dut se résoudre à constater l’échec de sa tentative de séduction. Adrim El Albas était un shemite pur jus : un nez fin mais proéminent, un teint de peau sombre, des yeux bleus cobalts et de longs cheveux bouclés qui tombaient en cascades noires sur ses larges épaules. Il n’était plus aussi jeune qu’il le souhaiterait, mais il avait de riches employeurs pour compenser la perte de ses jeunes années. Riches mais extrêmement exigeants aussi. Et ses maîtres stygiens ne pardonnaient pas l’échec, ça aussi, il le savait. Son cimeterre, une arme aussi belle que meurtrière, ne lui semblait pas suffisant pour affronter leurs assassins…
- « Avons-nous des nouvelles de l’émissaire qui devait nous re-contacter ? » Il parlait un argosien parfait.
- « Non, aucune… » Pétia ne quittait pas des yeux cet homme qui le fascinait d’une certaine façon. « Mais j’ai confiance en Artatis, seigneur El Albas. Et s’il nous a dit qu’il aurait le miroir, nous devons l’attendre. Nous savons qu’il est à Elusia et qu’il entreprend de monter son coup. »
Le shemite fit une moue plus que dubitative.
- « C’est un stygien, cher capitaine. A partir de là, dire qu’on peut lui faire confiance, c’est se trancher la gorge soi-même. Et avec plaisir en plus. Hola, ne voyait là qu’une plaisanterie ! » La jeune femme avait saisi le manche de sa dague. « Et nos informations datent déjà de plusieurs semaines. Mais, bon, si vous, belle jeune fille et fier capitaine, vous lui donner votre confiance, alors, je ne peux, moi, que vous donner la mienne, entière et sans condition. » Il fit son plus beau sourire et eu le plaisir de la voir légèrement rosir. « Mais, quand même, je dois préciser que mes propres employeurs ne seront pas autant subjugués que moi par votre charme et j’ai peur qu’ils ne prennent ce temps de préparation pour de l’incompétence. Je crains également qu’ils ne songent vite à nous remplacer. Je ne supporterais pas l’idée que l’on puisse vouloir vous faire du mal, capitaine… »
- « N’ayez crainte, seigneur El Albas, je ne suis pas si facile à tuer. »
- « Hum… Je n’en doute pas un seul instant… » fit, tout sourire, le shemite. « Je vais quitter le navire et je voulais vous avertir que je risque de ne revenir que d’ici quelques jours. Si d’ici là vous avez des informations, vous pouvez contacter Ninios, un marchand ophirien, à l’auberge « Double d’Or », dans les hauts quartiers. Il saura me prévenir. Bon vent, capitaine ! » Et il disparut aussi vite qu’il était entré.
- « J’aime pas ce gars, Pétia… »
- « Moi non plus, Paloco. Mais c’est lui qui a l’or. Il faut qu’Artatis rentre vite, sinon je crois que nous aurons d’autres problèmes en plus de l’équipage… »
Elle se tourna de nouveau vers l’horizon où la mer et le ciel ne faisaient plus qu’un. L’horizon où soufflait les vents capricieux de l’océan, où les navires marchants, alourdis de riches cargaisons, venaient à Kordova, où raisonnaient souvent les cris et les bruits des armes quand ces mêmes marchandises changeaient brutalement de mains. Elle poussa un profond soupir…
- « Il me manque, Paloco… »

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MessageSujet: Re: Par Crom, ma hache a soif   Mer 24 Juin 2009 - 15:10

RESUME EPISODE III :

Un certain dénouement. En effet, voilà nos héros, dépités, qui s’arrêtent à l’orée d’une forêt et aux pieds de la chaîne de montagne séparant les territoires pictes du Zingara. En effet, ils ont perdu toutes traces de l’Adumbrali qui a possédé le corps du shaman Ajonga. Le moral est au plus bas.

Feu de camps et repas frugal. Tout le monde s’installe et l’on commence à se dire qu’il faudrait retourner à Elusia, faire un rapport au terrible Baron Balthus. Pas vraiment de gaîté de cœur, mais bon, il faudra bien en passer par-là…
Soudain, des bruits en lisière de la forêt, il fait nuit et nos héros savent que les Pictes rodent dans les alentours. Mais ce n’est pas un Picte qui déboule dans le cercle de lumière, mais bien l’Adumbrali dans le corps d’Ajonga. Ce dernier s’approche du camp et… réclame de l’aide. Stupeur chez nos héros. N’avait-on pas présenté ces créatures comme infernales et dangereuses ?

Mais avant qu’une réaction puisse se faire, Ashargin, l’âme damnée du Baron, se lève et pointe la créature avec une baguette d’or. Aussitôt un rayon de lumière frappe sa cible et l’Adumbrali, en proie à la souffrance, s’écroule sur le sol. Le voilà neutralisé. Et Ashargin se révèle être, en fait, le Baron Balthus lui-même. Et le brave Sergent Branak qui devait d’être un opposant forcené au Baron se révèle, lui, son allié. Tout ça pour pouvoir jouir d’une retraite dorée, trop fatigué qu’il est pour continuer la lutte. Evidement, cette révélation n’est pas du goût de l’archer.

Ce dernier dévoile alors son plan : attendre l’arrivée d’Ashargin, qui suit avec une petite troupe et un nouveau miroir et évidemment l’accompagner à la bonne ville d’Elusia. Mais c’est sans compter sur la fougue d’une barbare du nord qui n’apprécie pas le langage et surtout le fait que le Baron agresse la créature alors qu’elle avait demandé de l’aide. D’un coup bien placé, elle lui tranche la main qui tient la baguette d’or.

S’ensuit alors une échauffourée où le Baron est terrassé par un cimmérien et la barbare du nord, où Branak est d’abord blessé par une flèche tirée par son ancien ami, avant d’être achevé d’un jet de dague aussi précis qu’incroyable de la part d’un « simple » troubadour. Cela ne dure que quelques secondes. Voilà nos amis libres de tout mouvement. Mais également en danger, car Ashargin doit être assez proche d’après les dires du Baron.

Survient alors la deuxième de la soirée. Un homme présentant bien, très bien même (n’est-ce pas la barbare du nord ?), se faisant appeler Adrim El Albas, négociant shémite, surgit alors et semble très intéressé par l’Adumbrali. Il est accompagné de deux acolytes, un archer shémite et un autre barbare, du nord aussi. Après une discussion encore tendue, ce El Albas convainc nos héros qu’ils se feront de l’or, beaucoup d’or, à travailler avec lui. Malgré la vision du jeune shaman qui voit un coffre plein de pièce d’or à l’effigie du serpent maudit, Set.

Voilà donc nos trois nouveaux compagnons guidant nos héros dans les montagnes bordant le Zingara. Et ils arrivent dans les contrées accueillantes de cette nation où les hommes sont accueillants certes, mais sanguins et aimant se battre avec des épées légères, mais précises. Ils font immédiatement route vers Zaragosa, la grande ville charnière dont le fleuve Holgazan (Paresseux en zingarien) permettrait une descente facile jusqu’à la capitale Kordava.

Juste un petit problème, en arrivant en ville : le bon vieux Baron Alvado est mort. Et comme toujours, par tradition locale, sans laisser de testament désignant son successeur. Evidement, ses trois enfants souhaitent le remplacer pour le bien de la communauté, bien sûr. La ville est en pleine effervescence et nos héros ont juste le temps d’y rentrer pour s’y faire enfermer… Ils vont pouvoir goûter aux joies de la politique zingarienne…

Il y a trois factions, donc :

- Le parti d’Adalia, la fille aînée – Mariée avec le Baron d’Elgado, un noble puissant et ambitieux qui semble vouloir faire de Zaragosa un nouvel élément de son pouvoir.

- Le parti de Juan, le fils cadet – Le portrait de son père et celui qui menait les affaires pendant que ce dernier profitait de la vie. Ce trouve le plus digne de diriger les affaires de la Baronnie, vu que c’est qu’il fait depuis bientôt 10 ans…

- La parti d’Isidio, le fils benjamin – Entré dans la course plus tardivement, il souhaite surtout qu’on ne l’oublie pas pendant le partage. C’est un être décrit comme turbulent, irascible, brutal. Un charmant garçon, quoi.

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MessageSujet: Re: Par Crom, ma hache a soif   Mer 24 Juin 2009 - 21:16

PROLOGUE EPISODE IV :

- « Sekmet ! Sekmet !! SEKMET !! »

L’homme, imposant, se frayait un chemin parmi les serviteurs effrayés qui s’égaillaient tel un ban de petits poissons. Un autre homme, plus petit, mince, tentait de raisonner le premier. C’était Malhik, le serviteur principal de la demeure. Et ses efforts pour convaincre l’homme qu’il allait chercher son maître et qu’il fallait attendre étaient vains. Il finit d’ailleurs par abandonner au détour d’un couloir.

Finalement, l’homme parvint devant une issue dissimulée derrière une lourde tenture. Dans ce désert brûlant qu’était la Stygie, nul portes solides pour sceller une pièce, cela aurait empêché l’air de circuler et personne ne serait de toute façon approché d’une tenture arborant le symbole du Dieu ophidien de la mystique Stygie, Set le maudit.

Mais l’homme n’eut aucune peur et il écarta d’un geste rageur la tenture. La pièce était clairement un laboratoire de magie. Des milliers d’objets aussi différents qu’inconnus recouvraient toutes les tables. Des mixtures improbables remplissaient des jarres et d’autres récipients plus indéfinissables. Des symboles ésotériques, mystiques et sûrement magiques recouvraient chaque objet, tables et même les sièges. L’atmosphère y était lourde de menace et d’odeurs étranges. Les fenêtre avaient été drapées de tentures identiques à celle qui barrait la porte d’entrée.

Derrière une des plus grandes tables, se tenaient debout un homme d’un certain âge et une jeune femme à la peau si blanche qu’elle en brillait presque dans les semi-ténèbres.

- « Et bien, Seigneur Kutamun, que me vaut le plaisir de votre visite ? »

Tout à sa colère, le dignitaire stygien frappa de toutes ces forces ses paumes sur la table. Ceci fit sauter nombre d’objets et vaciller certaines concoctions.

- « Elle a recommencé, Sekmet !! Elle a encore osé se moquer de moi devant toute la cour ! Et avec son imbécile de mari qui cherche, bien sûr, à prendre ma place auprès du Grand Prêtre ! Ils ont osé dire que je ne pouvais tenir ma charge à cause de mon manque de savoir faire ! Oh, non, ils ne l’ont pas dit comme ça, bien sûr ! Ils furent mielleux et fielleux à la fois pour que je ne puisse les étriper comme le droit me le permet !! Et cet idiot qui est marié à ma trainée de sœur m’a même conseillé d’utiliser des baktis* pour mieux comprendre la situation à la cours ! »

Pendant que l’homme tenait son discours d’une voix rageuse, postillonnant et butant sur les mots, Sekmet s’était assis dans un confortable fauteuil couvert d’une peau de lion, tandis que la jeune femme se plaçait à ses côtés, debout.

- « Voilà un bien bon conseil du Seigneur Amophis, pourtant… »

Kutamun lança un regard noir de haine vers la jeune femme qui venait de s’exprimer d’un ton doucereux. Elle soutint son regard de ses grands yeux noirs.

- Allons, ma cousine, ma chère et fidèle Akivasha, n’importunez donc pas notre Seigneur et maître… »

Sekmet fit glisser sa main sur l’avant bras de cette dernière qui le retira avec dégoût. Mais sans y prêter attention, Sekmet se tourna vers Kutamun. Indéniablement, ce dernier faisait parti de la caste des guerriers. Son corps avait été bâti pour le combat et la chasse. Et sa tenue de cour, tout en dentelle et soie, ne pouvait que faire ressortir son côté grossier, maladroit, ridicule. Non, il lui fallait porter l’amure. Et son arme à ses côtés. Voilà qui pourrait tenir en respect les langues acérées de la cour. Sekmet esquissa un sourire.

- « Seigneur, excusez donc ma cousine pour ce mot douteux. Mais vous devriez plutôt porter… »

- « Je ne suis pas venu prendre un de tes conseils idiots, Sekmet ! Où est le miroir ? Où est donc l’arme qui me permettra de détruire cette truie et son porc de mari ?! Où est l’objet de ma puissance pour lequel je vous fournis en or depuis des mois ??!! »

Ses mains firent de nouveau trembler la table. Akivasha sursauta.

Sekmet parut gêné. Il joignit ses mains devant son menton, signe de sa concentration. Kutamun toisa donc cet homme mince, élégant, raffiné même, athlétique malgré son âge, mais bien plus petit que lui. Le guerrier méprisait tout ce qui était plus petit que lui. Et bien plus raffiné aussi. Ce qui faisait beaucoup de monde, en fait… Par contre, les longues robes pourpres brodées de symboles étranges en fils d’or et d’argent et qu’avait revêtu Sekmet le mettaient mal à l’aise. Il avait toujours eu une crainte superstitieuse de la magie et sa colère l’avait emporté dans l’antre d’un mage. Son cerveau lent venait de lui envoyer le signal. Mais il était furieux et ça lui donnait tout le courage nécessaire.

- « Seigneur Kutamum, je suis dans le désespoir… En effet, je n’ai aucune nouvelle de notre affaire. Mes envoyés n’ont, pour l’instant, donné aucun signe de vie. J’ose croire que nous en aurons d’ici peu et… »

- « Fariboles, Sekmet !! Toi et ta trainée ne savaient rien ! Vous êtes aussi incompétents que les autres ! Tâches donc de trouver des informations pour me rassurer. Je n’ai guère plus de patience à ton encontre que vis-à-vis de ma sœur. » Kutamm pointa du doigt l’homme assis. « Et tu devrais t’estimer heureux que lorsque le Grand Prêtre Anith a prit le pouvoir, je t’ai protégé de lui. N’oublies pas que tu n’es pas de sa lignée mais de celle de son prédécesseur… Tu es un danger pour lui, Sekmet. Si demain, je lève ma protection, tu ne seras rien d’autre qu’un mort qui marche ! Et elle, tout juste bonne pour le bordel des gardes ! Alors si tu veux vivre, Sekmet, changes d’envoyés. Et trouves-en d’autres plus efficaces ! »

Le Seigneur Kutamun toisa de tout son haut l’homme et la femme et s’en retourna dans un bruissement de soie, le bruit de ses sandales décroissant à mesure qu’il s’éloignait. Sekmet poussa un soupir et sembla se ratatiner.

- « Quel immonde porc… Même pas digne de vivre sous le soleil de la Stygie… Je pourrais lui faire passer le goût de crier, moi. Définitivement ! »

- « Tais-toi donc, Akivasha ! » Le ton dénotait une colère contenue. « Il a raison sur bien des points, hélas. Nous ne savons rien ! Il nous est impossible d’user de la Sphère de Kanh, n’est-ce pas !? N’est-ce pas ?? » La jeune femme acquiesça de la tête. « Donc, nous ne pouvons voir nos envoyés… Et le temps et l’espace jouent contre nous, cousine… Il a raison : changeons d’envoyés. Puisque les hommes ne valent rien, utilisons d’autres moyens… »

Il se leva et s’étira.

- « Je vais voir nos amis. Il me faut être sûr que nos soutiens seront prêts quand le miroir arrivera. Et ce bâtard d’Anith pourrait avoir des surprises extrêmement désagréables. De même que ce gros fat de Kutamun d’ailleurs… Toi, convoque un Vasharan et envois-le finir la mission de cet incompétent shémite. Dis-lui, tiens, que nous n’avons plus besoin de lui et de ses éventuels complices. Qu’ils meurent tous. Au nom de Set, bien sûr. Et dis-lui de retrouver l’or que nous lui avons confié. Cela pourra nous être utile en son temps. Egalement, essayes de trouver le moyen de remplacer la Sphère de Kanh. Etre aveugle nous handicape par rapport aux autres. Heureusement que ces lourdauds ne devinent pas que c’est toi la magicienne, ma cousine… »

Il se dirigea alors vers Akivasha et la prit par les épaules, caressant sensuellement sa douce peau couleur ivoire. Une couleur de peau très rare en Stygie. Une couleur sacrée. La jeune femme baissa la tête, frissonnant de dégoût et serrant la mâchoire de haine. Sekmet prit du plaisir à cette répulsion mal refoulée.

- « Et tu feras préparer un bain pour mon retour. J’aurais… Nous aurons besoin de nous délasser, n’est-ce pas, cousine ? »

Sekmet s’éloigna alors en riant et franchit la lourde tenture. Akivasha ravala le sanglot qui lui montait dans la gorge. Ne pas pleurer. N’être que haine et colère. Elle releva la tête et darda un regard noir vers la porte.

- « Oui, « cousin », je vais t’obéir encore une fois. Encore une dernière fois… »


* Nom que l'on donne aux poupées avec lesquelles jouent les petites filles stygiennes.

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